Rome via Zanardelli1840 – 1968

En 1840 (cf. tome II p. 312 - 316) les sœurs de la Providence sont appelées à Rome par la Princesse Guindalina de la ROCHEFOUCAULD qui les a connues à Maignelay (Oise). Elle les recommande à sa parente, la princesse Adélaïde BORGHESE.

D'abord reçues par les Dames du Sacré-Cœur à Sainte-Rufine, elles y demeurent quatre mois pour étudier l'italien.Les trois premières sœurs sont : Sœur Thérèse DIDIER, Sœur Céline GALLET et Sœur Anatolie FERRY auxquelles se joignent ensuite Sœur Constance LAMBERT et Sœur Gonzague LANTIAUX.La princesse Adélaïde leur donne pour habitation une dépendance du palais Borghèse.

La mission qui leur est confiée est l'éducation gratuite des enfants du peuple, mission correspondant au charisme de J. M. MOYE, qu'elles commencent le 1er mars 1841

Malgré les difficultés de climat et de langue, leur établissement ne tarde pas à prospérer. Bientôt la classe enfantine compte cent dix petites filles et les trois autres classes en regroupent quatre cent cinquante de sept à onze ans. Faute de place, les sœurs ne peuvent répondre à la demande.

Un ouvroir est d'ailleurs ajouté. Il forme, aux travaux de couture et de coupe, une vingtaine de jeunes filles au-dessus de seize ans.

La nouvelle communauté est reçue par Grégoire XVI, le 8 juillet 1841 puis par son successeur Pie IX, le 11 mars 1853. Ce dernier vient lui-même visiter les classes et interroger les élèves. 

Les sœurs mettent tout leur soin et tout leur dévouement, non seulement à instruire les enfants mais aussi à les former à la piété. Ainsi les dimanches et jours de fête, les jeunes filles de onze à seize ans arrivent, dès six heures du matin en été, sept heures en hiver, pour la prière du matin suivie d'une méditation. Après la messe, la Congrégation des Filles de Marie comptant environ soixante-dix participantes se réunit pour un exercice qui dure de dix heures un quart à onze heures. L'après-midi est occupé par une instruction donnée par un prêtre. Plus de deux cents personnes y prennent part, après avoir d'abord prié le chapelet...Dans son compte rendu de 1850 sur l'établissement de Rome, Sœur Thérèse DIDIER écrit

"Rome est un vaste couvent, c'est le ciel de la terre, Dieu y est loué nuit et jour dans les monastères, dans les maisons pieuses, dans les églises. Pour nous, nous sommes les plus fortunées des filles de notre Fondateur ; le Seigneur nous déverse ses grâces en surabondance à nous et à nos chères enfants, sur lesquelles nous avons une entière autorité parce que, chez nous leur vient tout leur bien spirituel et corporel, aussi y restent-elles jusqu'à leur mariage. Depuis neuf ans passés, mon Dieu, quel changement dans notre quartier ! Et cela, grâce à l'éducation que reçoivent les enfants par la charité de la bonne Princesse" (1).

En 1876, Mère Saint-Louis FIEVET (1) visite une seconde fois, ses filles de Rome. Elle est accompagnée de Soeur Léocadie BOURCERET, première supérieure de la Maison Saint-Jean de Portieux.

La partie du palais concédée aux sœurs devient vraiment trop petite pour le nombre toujours croissant des élèves. En 1877, Monsieur le Chanoine STEINER, par deux fois, traite d'un agrandissement avec le marquis GIUSTINIANI. Les affaires ne s'arrangent pas, aussi le supérieur ne peut-il se rendre à Portieux pour le Chapitre général. Dans une circulaire du 1er août, il en avertit les sœurs.

"Il s'agissait pour nous, ou bien d'abandonner nos écoles de Rome à cause des conditions inacceptables et des difficultés insurmontables qui ne nous permettent plus de rester dans l'habitation que nous occupions depuis dix-huit ans, ou bien de les conserver en trouvant un autre local où nos sœurs pourraient s'établir d'une manière moins précaire et élever en paix les enfants que la Providence leur confie.

Le Souverain-Pontife qui n'ignorait pas notre situation, ayant eu la bonté de me faire connaître son désir de voir nos sœurs rester à Rome, je ne puis que me mettre à l'œuvre ; et, sans compter ni le temps, ni les démarches, ni les sollicitudes, nous avons pu, avec la grâce de Dieu, trouver une demeure convenable pour nos sœurs..."

La nouvelle maison est le palais Sacripanti, bâti par le Cardinal Laurent CORSINI, élu Pape sous le nom de Clément XII (1730 - 1740). C'est ainsi qu'à la fin de septembre 1877, les sœurs quittent le palais Giustiniani pour le nouveau palais dont les locaux sont Piazza Fiammetta. La supérieure, pleine de reconnaissance envers la Sainte-Vierge qui avait montré en cette affaire sa puissante intervention, veut que le magnificat soit écrit en lettres d'or tout autour de la chapelle de l'établissement.

Dix ans plus tard, en 1887, la ville de Rome exproprie une partie de l'immeuble pour créer une large rue, via Zanardelli aboutissant au palais de Justice, en construction. Il faut alors construire une deuxième façade sur cette nouvelle rue.

La démolition d'une ancienne maison permet la construction d'une nouvelle chapelle plus vaste. Malgré les apparences luxueuses à l'extérieur et dans le parloir qui était les salons du palais Sacripanti, les sœurs conservent le véritable esprit du Fondateur. La pauvreté et la simplicité restent en honneur dans la communauté et l'école continue à prospérer.                                                   

 En France les lois de laïcisation frappent doulereusement la Congrégation.Mère Julienne HUIN est obligée de fermer le noviciat. Elle demande à la Sacrée congrégation de Rome de’ouvrir un noviciat à Rome, via ZANARDELLI. MLa réponse arrive rapidement le 11 mars 1903 signée par le Cardinal FERRATA.

En 1904 des jeunes romaines entrent dans la Congrégation et prononcent leurs vœux à Rome. Quatre jeunes sœurs et une postulante arrivent de Portieux .

La communauté de Rome poursuit sa mission d’enseignante. En 1937 des démarches furent faites pour la reconnaissance juridique de la Maison de Procure de l’institut.

Le 25 avril 1938 un décret signé par le roi Victor Emanuele III et par Mussolini reconnait la personnalité juridique de la maison de Procure.

A partir de 1960 le nombre des élèves diminue. Les Supérieures commencent à réfléchir sur la fermeture de cette maison.

Au mois de novembre  1968 un contrat de vente est signé avec les responsables de l’USMI (Union supérieures majeures italiennes). C’est un don à l’Eglise plus qu’un achat, car la valeur immobilière était supérieure de beaucoup à l’offrande reçue.

La maison Via ZANARDELLI a été habitée par les sœurs de la Providence de Portieux pendant 90 ans. Le 7 décembre 1968, elles quittent définitivement le palais de via Zanardelli.

Une communauté est ouverte dans une banlieue de Rome Viale ALESSANDRINO.

                                       

                                                                                                                   Maison Viale Alessandrio ROME

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