Les photos de la messe de profession perpétuelle en Côte d'Ivoire le 26/6/2021.

 

Cliquez ici pour voir plus de photos

SPP Côte d'Ivoire

Write comment (0 Comments)

1- Au commencement ...

    A la suite de l'appel " Fidei Donum" du Pape Pie XII, Mère Honorine LULLIER, alors Supérieure générale a décidé de fonder des communautés  de Sœurs de la Providence en Côte d'Ivoire. Sur la demande de Monseigneur DURRHEIMER, Préfet apostolique de KORHOGO-KATIOLA, au Nord-Est du pays, elle a envoyé d'abord trois sœurs : Sœur Agathe LANGARD, Sœur Sainte-Foi CLAUDEL, Sœur Saint Gabriel THIRIAT. Elles ont été accueillies à TRANSUA, dès le  5 Novembre 1959, par le Père Jules MEYER, de la Société des Missions Africaines de Lyon. Ce prêtre missionnaire avait ouvert ce poste le 12 mai 1939.

   Dans un livre : " Histoire de l'Evangélisation du Nord-Est, diocèse de BONDOUKOU, le Père Jean-Paul Eschlimann (SMA) note, en mentionnant leur arrivée :

    "Dès le départ, la répartition des tâches entre les Sœurs et la mission est claire : aux sœurs la direction et l'animation de l'école des filles, le soin des malades, l'administration du dispensaire et l'animation des femmes  (...) quant au Père, il assume les charges de l'évangélisation et de la sacramentalisation." 

   Très vite, elles ont débordé ce champ d'apostolat et se sont investies dans d'autres tâches telles que  l'animation d'équipes d'action catholique : JACF- Ames Vaillantes  (ACE)  -accueil d'orphelins –activités de formation et de développement rural pour les femmes-  activité de broderie génératrice de revenus-participation à la pastorale dans les villages.

Dans l'œuvre citée plus haut, le Père ESCHLIMANN signale :

     "Les sœurs ont été très attentives à promouvoir l'autonomie de la femme Abron, lorsqu'elles se sont retirées de l'enseignement scolaire après deux décennies d'activités à Transua (....) Pour parler en termes de développement, là où l'équipe presbytérale s'était contentée  de conscientiser et d'éclairer,  les sœurs ont procédé à des opérations concrètes     qui ont créé des retombées positives sur un certain nombre de femmes..."     

Il est bon de noter que l'Indépendance de la Côte d'Ivoire a été proclamée le 7 août 1960. Les sœurs y sont donc arrivées alors que le pays, encore colonie française, était en pleine évolution vers l'indépendance sous l'impulsion de celui qui en deviendra le premier président : Félix HOUPHOUET-BOIGNY . 

2- Et ensuite... 

    D'autres départs se sont rapidement succédés et des communautés se sont ouvertes, notamment :

- Dès 1961 à TANKESSE où trois sœurs ont œuvré dans une école primaire et un internat pour les écolières des villages environnants, ainsi qu'un dispensaire-maternité.

-En 1963 c'est le village d'AGNIBILEKROU qui en a accueilli trois autres pour qu'elles s'investissent dans une école primaire et la promotion des femmes dans les villages. Le deuxième volet n'a pas vu le jour car le premier évêque ivoirien  du diocèse d'ABENGOUROU, dont elles dépendaient, leur a demandé d'ouvrir un collège de filles de la sixième à la troisième. Il voulait que les Sœurs forment" des filles instruites, responsables et capables  de travailler au développement du pays...". En septembre 1965. Le " Collège Catholique de Jeunes Filles " d'Agnibilékrou a ouvert ses portes. En juillet 1986 il a été remis à la Direction Nationale de l'Enseignement Catholique  et une ancienne élève, devenue professeur en a assumé la direction.

- En 1971, deux sœurs sont " montées" à Bondoukou et se sont engagées : l'une comme professeur de mathématiques au Lycée public nouvellement créé par l'Etat, l'autre auprès des enfants pour la catéchèse, surtout dans les villages. Plus tard cette communauté a compté jusqu'à cinq religieuses qui ont animé des activités de promotion humaine et sanitaire dans les villages , de pastorale catéchétique des enfants, des jeunes et des adultes , d'aide aux études pour les jeunes , en lien étroit avec les prêtres, qu'ils aient été des missionnaires étrangers ou des prêtres autochtones.

- Pendant ce temps, Sœur Agathe LANGARD a eu l'occasion de quitter TRANSUA pour partir plus loin, au Nord-est, en plein pays LOBI,  à  TEHINI, zone de première évangélisation et région déshéritée où personne ne voulait accepter  de postes. Elle s'y est dépensée, seule, dans une maternité- dispensaire qui n'avait jamais fonctionné. A son retour en France en 1981, deux sœurs sont allées continuer son travail dans la santé et auprès des femmes dans la mesure du possible.

   Durant toutes les années de calme et d'une certaine prospérité  dans le pays,  qui ont caractérisé les quarante années de gouvernance du Président HOUPHOUET-BOIGNY, comme dans celles qui ont suivi et qui ont été plus tourmentées (bouleversements, luttes pour la succession et le pouvoir, coup d'état, guerre civile), les sœurs ont toujours eu à cœur de rester proches des gens simples, démunis et souvent sans défense. En qualifiant ce type de présence de la vie religieuse apostolique, le Père Michel DORTEL-CLAUDOT disait :

   " C'est l'Evangile en geste avant de devenir parole, c'est la main qui parle déjà avant que la bouche ne s'ouvre, c'est

      le geste qui dit Jésus-Christ avant que les lèvres n'épellent son nom..." 

3-  Maintenant et demain ... 

   Actuellement, la plupart des postes et maisons animés par les diverses communautés n'existent plus en tant que communautés. Sauf TRANSUA et BONDOUKOU. Les activités de santé et d'enseignement ont été reprises par les gens du pays, à TANKESSE, AGNIBILEKROU, TEHINI. En pleine période d'activité on a pu compter quatorze sœurs pour toute cette présence.

   A présent, les vocations en Europe sont en chute libre et la pyramide des âges parle d'elle-même. Dans un proche avenir, il n'y aura plus une seule sœur de la Providence européenne en Côte d'Ivoire. On note cependant une augmentation importante des vocations sacerdotales qui couvrent  l'ensemble des besoins pastoraux des paroisses.

L'évolution des Congrégation religieuses féminines ne semblent pas suivre le même chemin dans la région. Au moment où cet article est écrit, nous avons deux jeunes sœurs ivoiriennes et six sœurs vietnamiennes  en poste dans le diocèse de Bondoukou. Il est bon de signaler que, dès 1962, tous les évêques de l'Afrique de l'Ouest avaient demandé que les congrégations internationales ne recrutent plus pour elles-mêmes, afin de favoriser la naissance et le développement de congrégations autochtones. Ceci a constitué un frein évident jusqu'en 1984 où cette interdiction a été levée. Un nouveau départ s'est amorcé mais pas dans les  proportions espérées. 

   Il faut souligner également que la situation d'apostolat, sur le terrain, a considérablement changé : l'Eglise de Côte d'Ivoire est en pleine mutation et réalisation d'autonomie tant sur le plan matériel que sur le plan pastoral.

    Les sœurs actuellement là-bas sont confrontées au " prêt à quitter, prêt à rester " du Père MOΫE. Lors du Conseil de Congrégation de 2009, tenu au Vietnam, le rapport qui a été transmis avait répondu à la question: Pourquoi sommes-nous là? " en ces termes : 

" Nous sommes là parce que nous y croyons. Parce que nous voulons être signes de la Bonne Nouvelle, pour ce monde en recherche de paix, de justice et de fraternité. Nous voulons être témoins de communion, pour que l'homme grandisse jusqu'à sa pleine dimension de frère du Christ et de fils du Père."

                                                                             Qu'il en soit ainsi !                                                                                          

          Portieux-  le 13 Août 2018 .

Write comment (1 Comment)